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Le breton, une langue moderne


Le breton est classé par l’UNESCO comme "langue sérieusement en danger". Le développement de l’enseignement et les politiques des pouvoirs publics font cependant apparaître des signes positifs quant à l’avenir du breton.
L'évolution du nombre de locuteurs

Les dispositions prises pour assurer l’exclusion du breton dans les enceintes scolaires à la fin du 19ème siècle (punitions pour les enfants parlant breton) ont durement marqué les esprits et entraîné une rupture dans la transmission de la langue. Selon l’enquête de l’INSEE lors du recensement de 1999, 60% des locuteurs avaient alors plus de 60 ans. Ainsi, le nombre de brittophones estimé à 206.000 en 2007 (sondage TMO – F.Broudic) se situe vraisemblablement aujourd’hui sous la barre des 200.000.
A l’autre bout de la chaîne démographique, parmi les jeunes, les chiffres sont en progression constante.

Les écoles bilingues créées par Diwan en 1977, complétées par les classes bilingues de l’Education Nationale (1982) et de l’Enseignement catholique (1990) voient leurs effectifs croître chaque année, de la maternelle au lycée (+27% entre 2006 et 2011).
Avec 14709 élèves en 2012 et la structuration du développement de l’enseignement bilingue assurée par l’Office Public en collaboration avec l’ensemble des acteurs de l’éducation, la dynamique des filières bilingues est un signe de confiance très important dans l’avenir de la langue.

Ainsi, selon les travaux de l’Observatoire des pratiques linguistiques, dans l'hypothèse d'un développement soutenu de l'enseignement du breton, le pourcentage de locuteurs parmi les enfants de moins de 12 ans pourrait devenir supérieur au pourcentage des locuteurs dans la population globale entre 2020 et 2025.
A partir de 2040, le nombre de brittophones reprendrait une courbe ascendante, après plus de 100 ans de décrue.

Aujourd’hui, le "creux générationnel” se situe parmi les 20-50 ans. Mais là aussi, le nombre d’apprenants est en hausse pour les cours hebdomadaires (3640 adultes, chiffre en progression pour la 4ème année consécutive) et pour les formations intensives (le nombre de stagiaires de la formation professionnelle a passé la barre des 200 en 2011/2012, un chiffre multiplié par 3 en 6 ans).

Pour renforcer ces tendances, l’attention doit se porter sur le développement de la préscolarisation en breton (crèches, assistantes maternelles), la continuité de l’enseignement bilingue jusqu’en terminale, la mise en place de parcours complets d’initiation à la langue (environ 12000 élèves aujourd’hui), le développement des formations pour adultes et la diversification de l’offre post-bacalauréat.
L’absence de statut législatif

La langue bretonne a longtemps été exclue de l’espace public et est toujours la seule langue celtique sans statut législatif.

A l’initiative des collectivités locales, la visibilité de la langue s’est pourtant beaucoup développée ces 30 dernières années. Aujourd’hui, dans 3 départements (Finistère, Morbihan et partie ouest des Côtes d’Armor), la bilinguisation des panneaux directionnels est systématique.

Les communes ont également suivi ce mouvement en bilinguisant dans un 1er temps leurs panneaux d’entrée et de sortie d’agglomération.

Progressivement, d’autres supports sont devenus bilingues : panneaux directionnels, plaques de rue, panneaux électroniques, plaquettes papier, sites internet...
Enfin, le Conseil régional de Bretagne a été la 1ère collectivité à se doter d’un plan de politique linguistique en 2004 (plan actualisé en 2012). Son action pour la langue est ainsi transversale (culture, transports TER, tourisme, bâtiments publics…).

(Source : Office Public de la Langue Bretonne)